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Joe Dispenza: se laisser fasciner par l'inconnu




Récemment, quelqu'un m'a interrogé sur le concept selon lequel nous pouvons lâcher les histoires que nous nous racontons — et, ce faisant, créer un nouvel avenir. Cette personne avait vu quelqu'un avoir une forte réaction physique à cette suggestion — son corps tout entier avait fait une éruption cutanée — et elle avait elle-même eu des réactions similaires.
 
Il semble que la seule pensée d'abandonner un récit passé ait produit une forte réaction somatique — qui s'est produite automatiquement en quelques secondes.

"Pourquoi cela met-il les gens si mal à l'aise?" m'a demandé cette femme. "Pourquoi est-ce que ça semble être une idée si radicale de lâcher ces histoires?".
 
Les histoires que nous nous racontons — sur nos souvenirs, notre passé et nos luttes; notre interaction avec certaines personnes, objets et choses — nous sont familières, appelons-les donc le connu. Nous nous identifions à elles; elles deviennent ce que nous pensons être — et, finalement, notre personnalité.
 
C'est parce que revivre le passé déclenche et connecte les mêmes circuits de la même manière — reproduisant le même état d'esprit — transformant notre corps en une écume émotionnelle de produits chimiques. Biologiquement comme inconsciemment, nous devenons notre passé. Nous croyons à la vieille histoire et nous nous comportons comme si c'était notre vérité — jusqu'à ce que nous le devenions.
 
Nous sommes très nombreux à rester investis dans ces récits — les histoires du passé — parce qu'investir dans notre avenir, au contraire, est imprévisible pour le corps. Et le corps ne fait pas confiance à l'inconnu. Le corps est à l'aise dans les vieilles histoires — et toutes les émotions d'affirmation de l'identité qui les accompagnent. Plus encore que de confort, il a besoin de ces émotions.
 
En fait, chaque fois que nous recyclons une de nos histoires préférées — sur nous-mêmes, sur quelqu'un d'autre, sur la façon dont nous avons grandi avec nos parents et nos frères et sœurs, nos maladies, nos traumatismes, comment nous avons été lésés — ce que nous cherchons réellement à faire, c'est alimenter les émotions que nous associons à ces histoires et à ces souvenirs.
 
Et nous le faisons tous. C'est humain. A présent, essayez de vous souvenir d'une expérience récente qui a provoqué en vous des sensations fortes. Peut-être s'agissait-il d'une altercation avec quelqu'un au travail ou d'une nouvelle à sensation dans la presse. Ce ne devrait pas être très difficile; ce gendre de situation arrive tout le temps.
 
Mais maintenant, essayez de vous souvenir de ceci. Comment avez-vous géré les émotions qui ont surgi? Avez-vous fait la sourde oreille, sur-réagi ou vous êtes-vous précipité sur votre téléphone pour vous distraire de votre ressenti? Avez-vous mis en scène vos émotions et pris la poudre d'escampette? Avez-vous inconsciemment projeté votre agitation sur votre conjoint à cause de votre désaccord avec quelqu'un d'autre?
 
Vous n'êtes peut-être même pas conscient de la façon dont vous avez réagi dans ces moments-là. Mais votre corps vous a probablement programmé pour que vous vous comportiez exactement de la même manière que la dernière fois que vous avez ressenti exactement les mêmes émotions. Et plus le corps s'habitue à ces sentiments, plus il en a besoin.
 
En d'autres termes, tant que votre réponse aux mêmes circonstances reste la même, vous restez le même. Et il en va de même pour votre santé. Et pour votre vie.
 
Pourquoi cela semble-t-il radical de laisser tomber ces histoires? Parce que cela signifie laisser tomber ce qui nous identifie à elles. Cela signifie lâcher la dépendance aux émotions alimentées par ces histoire; exercer un niveau de conscience qui est plus grand que notre programmation inconsciente. Et cela demande une conscience et une énergie constantes.
 
Il est important de prendre conscience de toutes les façons dont nous essayons d'échapper à ce défi. Nous n'utilisons pas les choses du monde tridimensionnel pour simplement nous distraire; nous nous focalisons sur notre environnement extérieur. Nous sommes conditionnés à avoir besoin de quelque chose ou de quelqu'un d'autre pour éliminer nos ressentis. Nous avons l'habitude de compter inconsciemment sur le monde extérieur pour changer notre monde intérieur.
 
Mais que se passerait-il si nous pouvions tourner vers l'intérieur cette capacité à nous focaliser sur ce qui est l'extérieur ? Que se passerait-il si nous pouvions mettre un terme à notre dépendance envers nos drames, traumatismes ou karmas qui dévorent notre énergie et monopolisent notre attention?
 
Et que se passerait-il si nous étions capables de nous focaliser sur ce qui se passe à l'intérieur de nous?
 
Si nous pouvions apprendre à nous faire face et à faire face à notre propre énergie, à devenir non seulement conscients, mais véritablement fascinés par les pensées et les ressentis de notre monde intérieur?
 
Se rendre compte des moments où on se laisser aller à l'inconscience, apprendre à se focaliser sur l'intérieur plutôt que sur l'extérieur, à gérer notre attention et notre énergie, c'est en cela que consiste le travail. C'est ainsi qu'on arrive à se détacher du moi passé. Et cela demande des efforts, surtout au début.
 
C'est, en substance, ce que la méditation nous invite à faire — nous dissocier de toute distraction, calmer notre corps sur le plan émotionnel et plonger à l'intérieur de nous-mêmes pour découvrir ce qui se trouve de l'autre côté de nos pensées récurantes, de nos habitudes programmées et de nos émotions familières.
 
La prochaine fois que vous serez assis en méditation et que votre corps commencera à résister — et il le fera — remarquez bien ce qui se passera. Penserez-vous à prendre votre téléphone? Repenserez-vous à la dispute de la veille? Lutterez-vous contre l'envie urgente d'abandonner?
 
C'est dans ces moments-là que nous devons faire preuve d'une volonté supérieure à nos programmes inconscients. C'est le moment décisif où nous devons formater notre corps à un état d'esprit nouveau— et le réinitialiser dans l'amour, la gratitude et la gentillesse.
 
Voici un excellent exercice à pratiquer: essayez de vous focaliser sur la difficulté de résister. Voyez si vous pouvez être fasciné par le fait de ne pas être capable de vous faire face. Demandez-vous: qu'y a-t-il de l'autre côté du miroir? Et mettez-vous au défi de voir si vous pensez que cela vaut la peine de le découvrir — quitte à vous faire face dans l'inconfort un peu plus longtemps. C'est cela la quête de l'inconnu.
 
Voyez si vous pouvez affronter l'idée que vous avez besoin de quelque chose d'extérieur à vous pour éliminer cet inconfort — ou si vous pouvez trouver les ressources intérieures pour vous donner ce dont vous avez besoin à ce moment précis.
 
Posez-vous cette simple question: est-ce que je préfère ressentir de la colère ou de la joie? Si la réponse est la joie, vous allez devoir changer votre état émotionnel. Personne d'autre ne peut le faire à votre place.
 
Vous pouvez être capable de changer provisoirement votre état d'émotionnel en vous appuyant sur quelqu'un ou quelque chose d'autre. Mais si vous ne changez pas votre mode de réaction, la prochaine fois qu'une émotion vous perturbera, votre cerveau se souviendra de ce qui a fait disparaître le sentiment de joie la dernière fois — et vous convaincra que vous avez besoin de ce même stimulus pour le faire disparaître à nouveau.
 
Si vous parvenez à ne pas céder à la séduction de votre environnement extérieur — ou à la résistance de votre corps à l'inconnu — et à atteindre simplement un état de neutralité, vous accomplissez quelque chose de vraiment significatif. Vous faites un pas dans l'inconnu. Vous faites la démonstration de votre pouvoir sur vos pensées, vos habitudes et vos émotions du passé. Maintenant, vous vous engagez à changer.
 
Et puis, imaginez ce qui vient ensuite. Imaginez que, grâce à votre pratique, vous découvriez que vous pouvez ressentir un amour et une joie transcendants — parce que vous avez libéré votre corps des chaînes du passé et que vous avez choisi de ressentir autre chose. Imaginez que vous appreniez que vous pouvez porter votre attention à l'intérieur, ne rien trouver de plus significatif que votre cœur qui bat, et ressentir une gratitude et un amour véritables. Imaginez que vous vous rendiez compte que vous pouvez vous défaire d'une idée que vous aviez sur vous-même ou sur une autre personne — et être soudainement libre.
 
Lorsque nous laissons notre corps nous maintenir dans le passé familier, nous laissons notre corps nous empêcher d'accéder à la liberté de l'inconnu.
 

Le corps se bat pour rester dans le connu — même si cela signifie vivre avec les mêmes histoires de douleur et de traumatisme qui nous ont limités pendant toute une vie. Mais cela nous empêche d'accéder au mystique. Cela nous empêche d'accéder à la magie. Cela nous empêche de guérir. Et cela nous empêche de découvrir les potentiels infinis des nouveaux futurs que nous pourrions créer.
 
Quand cette vieille histoire prendra-t-elle fin? Pourquoi ne pas raconter une nouvelle histoire de votre avenir — et croire, se comporter, et devenir cela, à la place?

Joe Dispenza
Titre original: Becoming Fascinated with the Unknown
 

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